dimanche 25 mars 2012

J-3 : Gérer l'ischémie, ou l'art de sauver n'importe qui

Peut-on rire de n'importe quoi ? - Probablement pas avec n'importe qui. Mais interrogeons-nous plutôt sur la portée de la parodie de Rémi Gaillard, vue à ce jour par près de sept millions de fans sur YouTube et DailyMotion. Et si la première réaction passée, l'internaute se posait la question "au fait, c'est quoi le don d'organes" ? Même une infime partie de sept millions de n'importe qui, ce n'est plus n'importe quoi.


Le conteneur bleu et les glaçons, c'est l'occasion rêvée de parler de "temps d'ischémie froide" ! Il s'agit du temps entre le prélèvement de l'organe chez le donneur et le rétablissement de la circulation sanguine chez le greffé. Sans apport sanguin à un organe, les tissus de celui-ci souffrent d'un manque d'oxygénation, se dégradent et cessent de fonctionner. Le temps d'ischémie doit donc être le plus court possible afin d'augmenter les chances de réussite de la greffe. Il est propre à chaque organe : 3 à 4 heures pour un cœur, 12 à 18 pour un foie, 6 à 8 pour un poumon, 24 à 36 pour un rein. Chaque minute compte entre les centres hospitaliers du prélèvement et de la transplantation. L'Agence de la Biomédecine retrace la chronologie serrée d'un transfert à travers un exemple.

Le greffon est d'abord placé en hypothermie à 4°C et soigneusement lavé de son sang avec une solution physiologique, puis placé dans des sachets plastiques stériles soigneusement fermés, et enfin disposé dans un petit conteneur rempli de glace pilée, protégé des chocs éventuels. Le greffon voyage en ambulance, train ou avion, authentifié par un certificat des chirurgiens du prélèvement. Alors oui Rémi, tu nous fais bien rire avec ta glacière bleue en plastique :-). Le second degré permet de parler d'ischémie, c'était inespéré. 

C'est en ne faisant pas n'importe quoi qu'on peut sauver n'importe qui.

Frédéric Lesur

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